mardi 8 novembre 2011

MAGYAR



La bouteille me sourit
sous sa barbe le visage
couvrant cette bouteille
me sourit.

A son titre, je voyage.

Elle vient de Hongrie et de Hongrie
je ne sais rien,
excepté le Pont aux Chaînes
superbe qui enjambe le Danube
liant Buda et Pest, le château
à l’abri des ailes déployées d’un vautour  
en bronze, couleur des chaînes s’illuminant
au coucher du soleil.
D’un bord, le Parlement scintille, d’un autre, les vestiges communistes nous promettent
un repos
sous les bras musclés d’un Parti qui ne nous abandonnera pas.

Après les Chaînes, les Héros
nous encerclent et Michel, au sommet, tend la couronne des rois oubliés.
Je restais sous les arbres et regardais la nuit plonger
dans une Dreher ou une Boshor.
Les étoiles me dorlotaient de cette solitude que je désirais.
Les langues sonnaient à mes oreilles
m’amenant plus loin  encore
que cette ville assiégée de toute part, acceptant son sort, en faisant sa force
nourrie de peuplades méditerranéennes et de Gobie, levant
haut et fort
leur descendance soviétique et Khân
disparut dans les larmes de ce fleuve qui maintenant
chut dans mon verre, je trinque à cette Hongrie que je ne connais pas
cette Budapest que je chéris. 

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