La poésie ne naît pas de règles,
sous réserve de cas négligeable.
Cette phrase, je me souviens l’avoir écrite.
Un jour. Pour une vidéo. Personne ne s’en souviendra.
Cette phrase, je l’avais écrite
mais elle n’est pas de moi.
Elle traine dans ma tête comme les feuilles mortes, détrempées
collées à l’asphalte, aucun vent ne pourrait les souffler.
Elles restent
luisantes, reflétant la lumière
pâle
du lampadaire.
Elles scintillent au passage
des voitures, elles passent
et cette phrase gît sur la bordure de ce trottoir, enseveli.
Seuls les gosses s’amusant à jeter les feuilles trempées dans les cheveux des filles
(c’est parce qu’ils en sont amoureux)
découvrent
ce bout de trottoir
cette poésie
qui ne naît pas de règle,
sous réserve de cas négligeable.
Ces réserves, quelque fois, j’y pense
et lorsque j’y pense, je repense à celui qui a écrit cette phrase
comment après avoir nourri Joyce, il nourrit il Duce
avant que celui-ci ne se voit étriper
sur la place publique.
Les tripes, je les déballe et élude
les cas négligeables
pour me bercer sur
cette poésie qui ne naît pas de règles.